Des métiers scientifiques liés à la mer, au coeur des algues

13/10/2017

Quand on pense métiers de la mer, on a tendance à visualiser plutôt les activités autour de la pêche et l’ostréiculture à Cancale. Or, les activités maritimes sont bien plus larges que ça. Une étude récente de l’Audiar recense huit marchés liés à « l’économie bleue » : La pêche et l’aquaculture, le commerce de gros et la transformation alimentaire des produits de la mer, L’extraction de principes actifs marins au service de la biologie-pharmaceutique-cosmétique, Le marché du nautisme et du naval, la préservation et l’exploitation de l’environnement littoral, le transport maritime, la recherche et la formation, les chargeurs portuaires et les services maritimes (assurance maritime, administration d’État, syndicats professionnels de pêche).

Les métiers de la mer, ça peut donc être tout un tas de choses ! A l’occasion du Festival des Sciences, nous avons pu en découvrir un des aspects avec la venue à l’Exploratoire de Stéphanie Pédron, directrice du CEVA : Centre d’Étude et de Valorisation des Algues. Nous avons découvert que la mer, c’est aussi des métiers liés à la science et à la recherche.

Son parcours : après un master 2 Écologie Marine, Stéphanie Pédron à travaillé à l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) avant de partir travailler à Madagascar où elle a pu aguerrir sa pratique de l’anglais (utile pour communiquer avec des chercheurs étrangers) et son goût pour la plongée en milieu marin. Après des expériences à la DREAL (agence de l’eau) et à l’IFREMER, elle a pris les fonctions de gestionnaire après avoir été scientifique, un transfert de compétences intéressant qui montre que l’on peut accéder à des missions de supervision lorsque l’on maitrise le coeur de l’activité de l’entreprise.

Cela souligne que, quels qu’ils soient, les métiers de la mer sont avant tout des métiers de passion. La mer, c’est un espace naturel, c’est tout une biodiversité mais c’est tout un ensemble de professionnels qui travaillent sur cette faune et cette flore pour l’exploiter et la préserver : des biologistes marins, des ingénieur-es, des chercheur-es, des assistant-es, des gestionnaires…).

Le CEVA en est l’exemple même et concentre en ces lieux différents professionnels : 4 docteur-e-s, 8 ingénieur-e-s, 5 technicien-ne-s, 1 comptable, 2 secrétaires, 1 agent d’entretien et un DG. Le CEVA est une SEM : société d’économie mixte (regroupe des fonds privés et publics). Elle regroupe 3 pôles : un pôle « algues et qualités du milieu » à vocation écologique, un pôle « algues matière première » à visée biologique et un dernier pôle « algues produit » plus axé sur de la chimie. Ces missions sont divisées en 3 plateformes : une plateforme analytique (laboratoires), une plateforme gestion des connaissances et une plateforme administrative. Les missions principales seront donc de gérer la prolifération des algues vertes et aussi de transférer leurs recherches (sur tout types d’algues) vers le monde industriel.

Le pôle « algues et qualités du milieu » devra donc répertorier et veiller les champs d’algues afin de prévoir et mesurer les évolutions possibles. On y retrouve des techniciens cartographes et des ingénieurs.  Le pôle « algues matière première » devra fournir aux entreprises le soutien nécessaire pour utiliser les algues dans le monde industriel. Il s’appuiera également sur le travail des goémoniers et chercheurs pour développer les techniques de production.

Le rôle du pôle « algues produit » sera de voir les actifs contenus dans les algues et les optimiser dans des utilisations cosmétiques, bien-être, alimentation humaine et animale. L’objectif est de passer de l’échelle laboratoire à l’échelle industrielle.

Les profils des professionnels travaillant au CEVA sont donc variés, certains viennent de la chimie, d’autres de l’agriculture, de l’agro-alimentaire ou encore de l’aquaculture.

Dans notre vie quotidienne, nous retrouvons l’utilisation de ces algues dans nos dentifrices, crèmes cosmétiques, dans nos cuisines avec l’agar agar etc….

Merci encore à Stéphanie Pédron pour cette découverte.